
Le vieillissement de la population transforme en profondeur l’économie française. À l’échelle nationale, la part des personnes de 65 ans et plus représente environ 21 % de la population totale en 2024. Ce chiffre a un impact sur la population active disponible et accentue les tensions sur le marché du travail.
En Normandie, cette dynamique est encore plus marquée. La région présente une population globalement plus âgée que la moyenne nationale et une croissance démographique plus modérée.
Une réindustrialisation bien ancrée dans le territoire
- Si la réindustrialisation est devenue une priorité depuis plusieurs années, en Normandie, elle prend une forme particulièrement visible. La Région Normandie fait partie des territoires industriels majeurs en France, avec environ 205 000 emplois industriels soit 17 % de l’emploi salarié régional, grâce à son positionnement stratégique :
- Axe portuaire HAROPA (Le Havre – Rouen – Paris),
- Filières fortes : énergie, nucléaire, naval, chimie, agro-industrie,
- Projets industriels et énergétiques majeurs (EPR de Penly..).
Les entreprises normandes s’adaptent en formant
De Dieppe à Granville, en passant par Évreux ou Alençon, cette réindustrialisation se traduit concrètement par la modernisation de l’industrie, l’accélération des transitions énergétiques, la montée des services numériques et des besoins accrus dans les métiers techniques et de santé.
C’est sans doute sur le terrain des compétences que l’évolution du modèle industriel est la plus visible. Cette mutation concerne en priorité les métiers techniques, particulièrement exposés aux tensions de recrutement. Soudeurs, chaudronniers, techniciens de maintenance ou encore opérateurs spécialisés figurent parmi les profils les plus recherchés, dans un contexte où les besoins restent élevés et les compétences disponibles limitées.
En Normandie, face à des tensions de recrutement durables et à une raréfaction des profils techniques disponibles, les entreprises transforment en profondeur leur approche en organisant directement la formation de leurs futurs salariés.
Plusieurs types d’initiatives se développent à différents niveaux. Certaines grandes entreprises structurent leurs propres parcours de formation via des écoles internes, à l’image de Naval Group. D’autres, comme Fouré Lagadec, misent sur la formation continue pour accompagner la montée en compétences de leurs équipes. En parallèle, des dispositifs territoriaux, tels que les centres de l’UIMM Normandie ou l’École de production de la Métropole du Havre qui forme principalement à des métiers industriels (ex : chaudronnerie, soudage), contribuent à aligner l’offre de formation sur les besoins industriels locaux.
Ces exemples illustrent une évolution majeure : la formation est un élément intégré au fonctionnement même de l’industrie. Elle s’organise désormais à plusieurs échelles, celle de l’entreprise, de la filière et du territoire, pour répondre de manière coordonnée aux besoins en compétences.
Ce changement de paradigme traduit une profonde transformation de l’écosystème industriel, où les compétences deviennent un enjeu stratégique majeur. L’industrie contribue ainsi directement à leur émergence, à leur transmission et à leur ancrage local.