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Dans l’atelier centenaire de Saint James, la maille normande se tricote au rythme du monde

À Saint-James, petite commune paisible de la Manche, une entreprise tisse depuis 1889 une histoire économique singulière, faite de savoir-faire, d’exportation et de résistances. Tricots Saint James, devenue un fleuron du textile français, ne se contente plus de produire des marinières ou des pulls marins : elle incarne une vision du « Made in France » adaptée aux défis du XXIᵉ siècle.

Une croissance qui traverse les crises

Sous la houlette de Luc Lesénécal, président depuis 2012, l’entreprise a su croître malgré des contextes économiques difficiles.

Lors de ces douze dernières années, Saint James a vu son activité progresser de près de 60 %, une performance notable dans un secteur textile marqué par des turbulences mondiales (hausse des prix des matières premières et de l’énergie).

Exporter l’authenticité française

L’ouverture à l’international est au cœur de la stratégie économique : environ 40 % du chiffre d’affaires est généré hors de France, réparti entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. L’objectif est de franchir les 50 % d’ici 2033, grâce à une implantation plus vaste, notamment en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, et sur d’autres marchés européens.

Ce développement est soutenu par un partenariat stratégique majeur, comme celui signé avec la société japonaise ITOCHU, qui garantit une présence commerciale prolongée au Japon, marché clé pour la marque.

Savoir-faire et résilience comme actifs économiques

Ce qui distingue Saint James dans l’économie française n’est pas seulement son chiffre d’affaires, mais aussi son modèle industriel : label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), production maintenue en France et formation interne de métiers rares (comme celle de raccoutreuse).

Cette stratégie impose des coûts plus élevés que ceux appliqués aux productions délocalisées, mais elle forge une valeur ajoutée qualitative, reconnue tant par les consommateurs que par les institutions.

Le produit comme moteur de valeur

Au-delà des chiffres, la solidité économique de Saint James repose d’abord sur le produit. Marinières, pulls marins et cabans constituent le cœur d’une offre positionnée entre mode durable et luxe accessible, fondée sur la qualité des matières (laine vierge, coton peigné), la robustesse des coupes et la longévité des pièces. Cette exigence permet à la marque de résister à la logique de la fast-fashion et de justifier un prix moyen plus élevé, devenu un véritable levier de rentabilité. Parallèlement, Saint James a su renouveler son image grâce à de nombreuses collaborations mode avec des maisons et créateurs comme Maison Kitsuné, Agnès b., Balmain, Armor-Lux x marques culturelles, ou encore des licences institutionnelles (Marine nationale, villes, événements). Ces partenariats, souvent en séries limitées, jouent un rôle stratégique : ils dynamisent les ventes, attirent une clientèle plus jeune et renforcent la désirabilité internationale de la marque sans renier son ADN patrimonial.

 Défis et perspectives

Le marché mondial de la mode haut de gamme est volatil : entre pression sur les coûts, hausse des intrants et concurrence internationale, l’entreprise doit jongler entre tradition et modernité. Malgré cela, son modèle économique fondé sur la longévité des produits, l’export, et la qualité, lui donne une assise robuste.